5 producteurs Fairtrade sous la loupe

Le cacao était vraiment un univers d'hommes

« Cela fait très longtemps que je travaille dans les champs de cacao, plus de 25 ans, je pense. La culture du cacao, ici en République Dominicaine, est encore vraiment une affaire de famille. Tous ceux qui peuvent, doivent aider, autrement la ferme ne fonctionne pas correctement. Beaucoup de cultivateurs de cacao de Conacado, notre coopérative, n’ont pas eu de formation scolaire. Moi oui, je suis même allée à l'université. Ce fut possible grâce à la prime Fairtrade, parce que cet argent permet de distribuer des bourses d'études ainsi que d’organiser des formations. Ces formations sont importantes, en particulier pour nous, les femmes. Jusqu'à récemment, la culture du cacao était un vrai monde d’hommes. Maintenant, nous pouvons assister à des cours sur la façon de produire du cacao, pour ainsi en savoir tout autant que les hommes. Parfois même, nous en savons plus, grâce à ces formations. Nous espérons pouvoir rester ici et construire ensemble une vie meilleure. Pour le moment, ça fonctionne bien, et cela en grande partie grâce à notre cacao. »

Jacuba Monegros Garcia, 41 ans, mère de trois enfants, cultivateur de cacao pour Conacado, République dominicaine.

Le Fairtrade a amelioré notre condition de vie comme cultivateurs de café

« J'ai 41 ans et je suis cultivateur de café au Pérou. Je suis marié et ma femme s'appelle Elvira Camacho Cruz ; elle a 30 ans et nous sommes originaires de la même région. Nous avons deux enfants : Alfrán, 7 ans, et une fille, Camila, âgée de 2 ans.

Je suis dans le café depuis mes dix ans, lorsque j'aidais mes parents aux travaux des champs. Je suis le plus jeune de quatre fils. J'avais 20 ans quand mes parents sont décédés et c'est moi qui faisais tourner l'affaire. Un de mes frères était également mort et les deux autres étaient partis chercher du travail dans différentes villes. La ferme était trop petite, en effet, pour pouvoir entretenir mes frères et leurs familles. Je suis affilié à la coopérative Huadquiña depuis mes seize ans et produis du café biologique depuis 1995. Il est très important pour un petit cultivateur d'être membre d'une coopérative car ensemble, nous pouvons mieux assurer la bonne vente de notre café. C'est l'association coupole COCLA* qui s'en charge; elle nous paie un meilleur prix. Mais je bénéficie aussi d'un soutien technique pour la culture du café et de crédits bon marché.

Je suis convaincu que la coopérative est une des meilleures formes d'organisation pour vendre des produits. Et le commerce équitable a contribué à améliorer notre niveau de vie. J'accorde beaucoup d'attention à mon café car je sais que s'il est de bonne qualité, les gens seront plus nombreux à vouloir en boire et nous soutenir. Tous les cultivateurs devraient faire attention à l'environnement et tendre vers des méthodes de production biologiques. »

Alejandro, cultivateur de café au Pérou

Le système Fairtrade me donne une rémunération stable et plus élevée dans ma plantation de bananes

Renson se lève tous les matins à six heures. Son épouse lui prépare le petit déjeuner, composé le plus souvent de riz et bananes vertes. A sept heures et demi, il est au travail sur sa parcelle de 3 hectares, avec son frère et un oncle. Une fois par semaine, avec l'aide d'ouvriers locaux, la taille et la qualité des bananes sont contrôlées. Puis les fruits sont emballés pour le transport au port. Renson et sa famille irriguent la terre, arrachent les mauvaises herbes et enveloppent les régimes de bananes de plastique pour les protéger des insectes. Après une pause-repas vers onze heures (parfois, à base de poisson frais de la côte proche), Renson reprend le travail jusqu'à seize heures. Ensuite, il se détend en famille. Outre la réunion hebdomadaire des cultivateurs affiliés, la coopérative El Guabo organise également de belles fêtes et a créé son propre club de football. Et Renson participe volontiers à un petit match. Il espère que l'enseignement pourra offrir à ses enfants ce qui lui a manqué. « J'étais enfant unique, j'ai dû quitter l'école pour travailler à la ferme. »

Pour Renson, le système de commerce prôné par Max Havelaar se traduit par une rémunération stable et plus élevée pour sa récolte et l'encourage à réduire l'usage de produits chimiques sur ses terres. « Les bananes sont plus douces », explique-t-il, « Elles ont meilleur goût. Les autres entreprises ne tiennent pas le même discours : elles s'en fichent de savoir si on utilise beaucoup de produits chimiques. » La coopérative a consenti un prêt à Renson afin qu'il puisse irriguer ses terres et installer des réservoirs pour laver les bananes. Car ici, les membres s'entraident mutuellement et se prêtent de l'argent en cas de besoin. Renson est fier de la maison qu'il a pu construire pour sa femme et ses deux jeunes enfants depuis qu'il vend des bananes sur le marché du commerce équitable. Son père a maintenant sa propre maison, la maison ancienne en bois, juste à côté. Renson ambitionne tout simplement de pouvoir continuer à vendre ses bananes. Il ne veut pas que Max Havelaar disparaisse : « Nous ne sommes pas millionnaires, mais nous sommes fiers de travailler pour le commerce équitable. Nous lui réservons les meilleures bananes et en recevons un juste prix. Nous pouvons nous soutenir mutuellement et aider les ouvriers. »

Renson, cultivateurs de bananes

Lorsque je vends mon café au Fairtrade, je reçois trois fois plus que sur le marché normal

"J'ai commencé à travailler à la KCU en 1986, auparavant, je travaillais dans le secteur public. C'est la coopérative qui m'a payé l'école, aussi dès que j'ai eu l'occasion d'y travailler, j'ai sauté dessus. Je suis actuellement le responsable des exportations. Je travaille à Moshi où je gère un petit bureau d'exportation dans la Kahawa House (la maison du café). C'est loin de la région de Kagera, où nos agriculteurs cultivent le café. Mais ici, à Moshi, il y a une vente aux enchères de café chaque semaine. Notre bureau d'exportation est aussi appelé le bureau du Fairtrade parce que tout cela n'est possible que grâce au commerce équitable.

Je suis marié avec Mecktilda et nous avons six enfants, trois garçons et trois filles. Mon épouse et les plus jeunes des enfants vivent actuellement avec moi à Moshi mais notre maison se trouve à Kagera.

Je suis moi-même cultivateur et je possède un peu de terrain avec ma famille à Kagera. Lorsque je vends au Fairtrade, je reçois trois fois plus que sur le marché normal. Résultat, je peux envoyer non pas un mais trois enfants à l'école. Nous gagnons davantage et subvenons un peu plus facilement à nos besoins quotidiens.

Lorsque j'ai rendu visite à une grande usine de café, on m'a dit qu'il fallait laisser fonctionner la logique du marché et ne pas donner d'aides. Mais les cultivateurs ne peuvent pas augmenter leur production lorsque le prix monte. Ils ne peuvent pas doubler leur volume comme cela. J'ai un acre de terrain à la maison, avec 60 caféiers. Quand j'ai de la chance, je peux récolter 200 kg de café. Si j'en reçois un meilleur prix, je peux accorder plus d'attention à mes 60 caféiers et être content de ma production. Mais je n'ai pas de terres supplémentaires pour étendre mes cultures de café comme sur une plantation. Et je ne peux pas non plus me débarrasser de mes caféiers. Mon grand-père les possédait déjà, puis mon père, ils représentent notre seule sécurité. Même si les prix sont bas, je ne peux pas les abattre. Que pourrais-je construire à la place, je n'ai pas d'autres possibilités. Quelqu'un du coin ici envisageait de couper ses arbres mais son ami lui a dit : « De quoi pourras-tu encore parler avec les autres ? »

Si les consommateurs utilisent nos produits, essayez de les faire penser ‘fair', c'est-à-dire, équitable avec les gens, équitable avec l'environnement. Ils peuvent payer un prix raisonnable, un prix qui couvre au moins les frais de production. Ne dites pas que la dynamique du marché résoudra bien le problème car si l'on s'en contente, beaucoup de gens vont y passer."

John Kanjagagaile, cultivateur de café (à Moshi)

Le sucre est notre seul espoir

"J'ai cultivé du riz dans le temps mais ce ne fut pas un succès. Le riz est un produit de luxe, difficile à vendre. Lorsque l'usine de sucre a envisagé de s'étendre, je suis passé à la canne à sucre. Cela ne fut guère facile, surtout au début. Il fallait beaucoup investir, pour l'irrigation notamment.

Depuis que nous répondons aux conditions Fairtrade, nous cueillons les fruits de notre travail. Je cultive du sucre, mais j'ai aussi un petit bout de terre où je cultive des légumes et du maïs. J'ai encore beaucoup de boulot mais ça vaut la peine! J'ai désormais une maison en briques et il y a de l'électricité dans le village."

Grâce au commerce équitable, Exford envisage l’avenir avec confiance. Il a beaucoup de nouveaux projets qu’il souhaite financer grâce à ses revenus supplémentaires. Il prévoit notamment d’acheter trois chèvres et à terme, de construire un système d’irrigation afin de pomper l’eau du fleuve vers les champs.

Exford Dimo, producteur de sucre (Malawi)

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